Rezension: Susan Richter Vom Besteck des Zeitgenossen. Gegenwartsdiagnose im 18. Jahrhundert
Susan Richter enseigne au département d’histoire de l’université de Kiel. Elle a publié en 2025 chez Campus l’ouvrage > Vom Besteck des Zeitgenossen sous-titré Gegenwartsdiagnose im 18. Jahrhundert. Elle a notamment le mérite de faire connaître en Allemagne Rétif de la Bretonne (1734-1806), dont l’œuvre si vaste n’est encore connue que des spécialistes. Avec ses quelques 200 ouvrages totalisant plus de 65 000 pages, il devrait figurer en réalité au premier rang des auteurs associés à l’époque des Lumières.
Susan Richter part de la notion de contemporain et l’étudie sous l’angle de la philosophie de l’histoire à travers la littérature française de la fin du XVIIIe siècle. Ses recherches se concentrent sur des études sociologiques et sociales approfondies afin de mettre en lumière les bouleversements dans la vie quotidienne des gens.
La comparaison des œuvres de Rétif de la Bretonne et de Louis-Sébastien Mercier (1740-1814) se prête particulièrement bien à cet intérêt de recherche, car d’une part, ces deux auteurs ont été témoins de bouleversements décisifs d’un point de vue historique et, d’autre part, ils ont tous deux mené des études de grande envergure (Rétif de la Bretonne, Les Nuits de Paris, 1788-1794, et Les Contemporaines ou Aventures de la plus jolie femme de l’âge présent, 1780-1785, et Louis-Sébastien Mercier, Tableau de Paris, 1783) en vue d’examiner la société de leur époque sous tous les aspects imaginables et ils ont suivi son évolution au fil des années. L’auteure utilise le concept de contemporains pour aborder les transgressions à bien des égards, afin de retracer les changements sociaux, mais aussi d’analyser l’œuvre littéraire des auteurs cités, afin de déterminer par quels moyens stylistiques et quelles formes ils ont représenté et analysé les changements de leur époque.
Les Nuits de Paris ou le Spectateur nocturne désigne une œuvre complète de plus de 4 000 pages en 8 volumes, parus entre 1788 et 1794. Les volumes ont d’abord été publiés de manière anonyme, ce qui correspond bien à l’image de l’observateur nocturne ou du Hibou occurs, par laquelle l’auteur se distancie quelque peu ou prudemment du contenu, un peu comme s’il cédait son rôle à la marquise de M***
. Susan Richter qualifie le « spectateur hibou » de « figure de transition entre les époques » (p. 34 et suivantes, cf. également p. 156 et suivantes) et apporte, grâce à son analyse qui inclut également l’image du spectateur-hibou (p. 55), une contribution précieuse à l’étude des textes de Rétif de la Bretonne (p. 29-105). À partir de la p. 105 suit une « synthèse » dans laquelle l’auteure replace plusieurs fils de son analyse dans un contexte plus large. Elle évoque le mythe de l’Homme de Nuit : « Parallèlement, Rétif se sert de ce mythe, tout comme de la chouette, pour mettre en évidence les tendances à l’aliénation du philosophe, du poète et de l’historiographe, qui, de son point de vue, occupaient une place essentielle dans les sociétés et doivent la reprendre. » (p. 105) Elle expose ici avec clarté et précision la position de Rétif et la portée des Nuits de Paris. Dans les pages suivantes, Susan Richter montre en quoi le concept de contemporanéité se prête à l’interprétation de l’œuvre de Rétif : p. 107 et suivantes, l’auteure se référant à de nombreux auteurs postérieurs tels que entre autres Hugo von Hoffmannsthal ou Pierre Bourdieu.
C’est dans la 8e nuit que commencent les récits autour d’Épiménide, que l’auteure présente ensuite en détail et examine de manière approfondie. Il est tout à fait remarquable de voir avec quelle précision la méthode de Rétif est ici mise en lumière, comment il examine son sujet sous tous les angles et cherche à en déterminer la signification pour son présent et son avenir (cf. p. 138, p. 142 et suivantes). À plusieurs reprises, Richter évoque l’étonnante diversité de Rétif : « Dans la triade du philosophe, du poète et de l’historiographe, réunie dans le Spectateur, réside le potentiel de Rétif, contemporain, à être le médiateur et le symbole de son époque. » (p. 149)
L’histoire L’Aveugle éclairé de la 61e nuit sert à Susan Richter d’exemple parmi tant d’autres récits similaires. L’interprétation de l’histoire du mendiant aveugle (p. 159-209) montre ici de manière impressionnante ce que la philologie et l’historiographie peuvent accomplir ensemble. Ses nombreuses références croisées expliquent l’ensemble de la « séquence narrative de la 61e nuit », qui « met en scène le mendiant pour montrer l’insuffisance de la vision commune comme accès à la vérité » (p. 181). Plus loin, Richter explique : « Après avoir attesté la cécité de ses lecteurs, Rétif leur fait ressentir, à travers le récit du roi mendiant Pinolet, les avantages de la cécité grâce à l’introspection de la nature humaine, permettant ainsi un regard sur sa propre matérialité physique et son changement constant. » (p. 187)
Ce récit est accompagné d’un « Supplément » qui examine le rêve dont Rétif fait le récit dans la 239e nuit de sa Marquise. Ce rêve l’avait conduit dans la ville en l’an 7777 et Richter le compare, en tant que genre, au « Rêve d’Alembert » (rédigé en 1769) de Diderot (cf. p. 225). Elle en conclut que ce rêve est pour Rétif « un accès existentiel à la vérité et à la réalité ». « De plus, c’est un accès à l’avenir – à une époque où les projets d’avenir collectifs et les idées fédératrices sont fragiles, voire obsolètes. » (p. 229)
La deuxième partie de l’étude de Susan Richter est consacrée à une interprétation détaillée, sous l’angle de la contemporanéité, des 42 volumes (1779-1785/92) intitulés « Les Contemporaines ou Aventure des plus jolies femmes de l’âge présent » (cf. p. 263-427) – qui constituent en réalité une œuvre à part entière. Si Diderot avait défini les contemporains comme les personnes vivant à la même époque, Richter montre que Rétif développe cette définition « dans Les Contemporaines pour en faire un concept à plusieurs niveaux de la contemporanéité, celui de personnes ordinaires souveraines de leur temps, conscientes de leur propre temporalité et l’accordant davantage que le temps normatif de la société. » (p. 279) Elle inscrit ensuite ses observations dans l’histoire de la littérature et déploie ainsi toute la gamme des thèmes à travers lesquels Rétif observe ses contemporains. À la fin de cette partie figure un résumé (p. 369-427) dans lequel elle évoque notamment la proximité de Rétif avec l’Encyclopédie, « un théâtre du savoir » (p. 414), tout en laissant entendre que les « Comtemporaines » sont « un théâtre des facettes de la nature humaine et un théâtre des possibilités de s’en approcher – sous la forme d’un tableau » (ibid.).
Malgré la longueur de son étude, celle de Susan Richter sur deux grandes œuvres de Rétif de la Bretonne ne donne qu’un aperçu de l’œuvre de l’auteur des Comtemporaines. Mais cet aperçu est si habilement mis en scène qu’elle parvient à mettre en lumière la plupart des thèmes fondamentaux de l’œuvre de Rétif. En effet, son approche, qui consiste à aborder son œuvre à travers le concept de « contemporain », est convaincante et apporte des éclairages importants et intéressants. Les lecteurs de son étude se demanderont à juste titre pourquoi Rétif de la Bretonne reste encore aujourd’hui dans l’ombre des grands philosophes des Lumières.
La troisième partie de l’étude procède, à travers l’analyse de ses œuvres – notamment le Tableau de Paris (1781) – de Louis-Sébastien Mercier (1740-1814), en vérifiant le concept du contemporain à l’aune de ses œuvres et en comparant sa représentation de Paris à celle de Rétif. Sa conclusion : l’attaque des deux auteurs contre le « style en vigueur » : « L’attaque recèle une destruction planifiée » (p. 535), peut-on lire de manière concise sur l’avant-dernière page. Et Richter ajoute : « C’est là – et il faut le répéter – une partie essentielle de la modification, du changement, du démontage et du remontage, c’est-à-dire le Doing du contemporain ou de la contemporaine. » (ib.)
Susan Richter lehrt am Historischen Seminar der Universität Kiel. Sie hat 2025 bei Campus den Band > Vom Besteck des Zeitgenossen mit dem Untertitel Gegenwartsdiagnose im 18. Jahrhundert vorgelegt. Ihr besonderes Verdienst ist die Bekanntmachung von Rétif de la Bretonne (1734-1806) in Deutschland, dessen so umfangreiches Werk immer noch nur Spezialisten bekannt ist. Mit seinen rund 200 Werken mit über 65.000 Seiten gehört er eigentlich in die erste Reihe der Autoren, die der Epoche der Aufklärung zugerechnet werden.
Susan Richter geht vom Begriff des Zeitgenossen aus und untersucht ihn unter geschichtsphilosophische Aspekten mit der Literatur Frankreichs im späten 18. Jahrhundert. Dabei konzentrieren sich ihre Forschungen auf ausführliche soziologische und gesellschaftliche Studien, um Umbrüchen im Alltag der Menschen auf die Spur zu kommen. Für dieses Forschungsinteresse eignet sich der Vergleich der Werke von Rétif de la Bretonne und von Louis-Sébastien Mercier (1740-1814) besonders gut, weil beide Autoren zum einen in historischer Hinsicht entscheidende Umbrüche miterlebt haben und zum anderen haben beide Autoren in breit angelegten Studien (Rétif de la Bretonne: Les Nuits de Paris, 1788-1794, und Les Contemporaines ou Avantures de plsu jolies Femme de l’age présent, 1780-1785, und Louis-Sébastien Mercier, Tableau de Paris, 1783) die Gesellschaft ihrer Zeit unter allen nur denkbaren Aspekten untersucht und darüber hinaus ihre Entwicklung über Jahre hinweg verfolgt. Die Autorin nutzt das Konzept Zeitgenossen, um Grenzüberschreitungen in vielerlei Hinsicht zu thematisieren, um gesellschaftlichen Veränderungen nachzuspüren aber auch um das literarische der genannten Autoren zu analysieren, um herauszufinden, mit welchen stilistischen Mitteln, mit welchen Formen sie ihre Zeit dargestellt und analysiert haben.
Les Nuits de Paris ou le Spectateur nocturne bezeichnet ein Gesamtwerk von mehr als 4000 Seiten in 8 Bänden, die zwischen 1788 un 1794 erschienen. Zuerst erschienen die Bände anonym, dazu passt auch das Bild des Nächtlichen Betrachters oder des Hibou occurs, durch die der Autor sich ein wenig oder vorsichtig vom Inhalt distanziert, ganz so als ob er seine Rolle der Marquise de M*** überlassen
würde. Susan Richter bezeichnet den „Eulenzuschauer als Schwellenfigur zwischen den Zeiten“ (S. 34 ff., vgl. auch S. 156 f.) und leistet mit Ihrer Analyse, die auch das Bild des Eulenzuschauers, S. 55, einschließt, einen wertvollen Beitrag zur Erforschung der Texte von Rétif de la Bretonne, (S. 29-105). Ab S. 105 folgt eine „Zusammenführung“, in der die Autorin mehrere Stränge ihrer Analyse in einen größeren Kontext einordnet. Sie nennt den Mythos des Homme de Nuit: „Zugleich bedient sich Rétif dieses Mythos ebenso wie der Eule, um Entfremdungstendenzen des Philosophen, Dichters und Historiographen aufzuzeigen, die aus seiner Perspektive einen wesentlichen Platz in Gesellschaften einnahmen und erneut einzunehmen haben.“ (S. 105) Klar und präzise nennt sie hier die Stellung von Rétif und die Tragweite der Nuits de Paris. Auf den folgenden Seiten zeigt Susan Richter, wie sich das Konzept der Zeitgenossenschaft für die Interpretation des Werks von Rétif eignet: S. 107 ff., dabei bezieht sich die Autorin auf viele spätere Autoren u. a. wie Hugo von Hoffmannsthal oder Pierre Bourdieu.
In der 8. Nacht beginnen die Geschichten um Epimenides und werden dann von der Autorin im einzelnen dargestellt und ausführlich untersucht. Es ist schon bemerkenswert, mit welcher Genauigkeit, hier das Verfahren von Rétif durchleuchtet werden, wie er seinen Gegenstand von allen Seiten betrachtet und dessen Bedeutung für seine Gegenwart und die Zukunft ermitteln will (vgl. S. 138, S. 142 f.) Mehrmals nennt Richter die erstaunliche Vielfalt von Rétif: „In der Trias des Philosophen, Dichters und Historiographen, vereint im Spectateur, liegt das Potential des Zeit-Genossen, Rétif, Mittler und Chiffre seiner Gegenwart zu sein.“ (S. 149)
Die Geschichte L’Aveugle éclairé in der 61. Nacht dient Susan Richter als Beispiel für so viele andere ähnliche Geschichten. Die Interpretation die Geschichte um den blinden Bettler (S. 159-209) zeigt hier auf beeindruckende Weise, was Philologie und die Geschichtswissenschaft zusammen leisten können. Ihre vielen Querverweise erläutern die gesamt „Erzählsequenz de 61. Nacht“, die „mit der Bühneninszenierung des Bettlers die Unterlegenheit des allgemeinen Sehvermögens als Zugang zu Wahrheit bitte bloß“ (S. 181) stellt. Später erklärt Richter, „Nachdem Rétif seiner Leser:innenschaft Blindheit attestiert hat, lässt er sie am Bericht über den Bettelkönig Pinolet die Vorzüge der Blindheit mit de Innenschau der menschlichen Natur spüren, ermöglicht einen Blick auf die eigene physische Materialität und deren ständigen Wandel.“ (S. 187)
Zu dieser Erzählung gibt es ein „Supplément“, mit dem der Traum untersucht wird, von dem Rétif in der 239. Nacht seiner Marquise berichtet. Diese Traum hatte ihn im Jahre 7777 innerhalb der Stadt geführt und Richter vergleicht ihn als Genre mit „Le Rêve d’Alembert“ (verfasst 1769) von Diderot (vgl. S. 225). Sie kommt zu dem Ergebnis, dass der Traum für Rétif „ein existentieller Zugang zu Wahrheit und Wirklichkeit“ ist. „Darüber hinaus ist er ein Zugang zur Zukunft – in einer Zeit, in der die kollektiven Zukunftsentwürfe und verbindende Vorstellungen brüchig, bzw. obsolet sind.“ (S. 229)
Der zweite Teil von Susan Richters Untersuchung ist einer ausführlichen Interpretation unter dem Aspekt des Zeitgenossen den 42 Teilbänden (1779-1785/92) mit dem Titel „Les Comtemporaines ou Aventure de plus jolies Femmes de l’age present“ gewidmet vgl. S. 263-427) – eigentlich ein eigenes Werk. Hatte Diderot Zeitgenossen als die Menschen, die zur gleichen Zeit leben, bezeichnet, kann Richter zeigen, dass Rétif diese Definition „in Les Contemporaineszu einem mehrschichtigen Konzept der Zeitgenossenschaft von zeitsouveränen alltäglichen Menschen ausbaut, die sich ihrer Eigenzeitlichkeit bewusst sind und diese mehr zugestehen als der normativen Gesellschaftszeit.“ (S. 279) Sie ordnet im Folgenden ihre Beobachtungen in die Literaturgeschichte ein und fächert so die ganzen Breite der Themen auf, mit denen Rétif seine Zeitgenossen beobachtet. Am Ende dieses Teiles steht eine Zusammenfassung (S.369-427), in der sie u.a. die Nähe Rétifs zur Encyclopédie „ein Schauplatz des Wissens“ (S. 414) andeutet, zugleich aber auch zu erkennen gibt, dass die Comtemporaines „ein Schauplatz der Facetten der menschlichen Natur und ein Schauplatz der Möglichkeiten an ihre Annäherung – in der Gestalt eines Tableaus“ (ib.) sind.
Susan Richters Untersuchung über zwei große Werke von Rétif de la Bretonne vermittelt trotz der Länge ihre Studie nur einen Einblick in das Werk des Autors der Comtemporaines. Aber dieser Einblick ist so geschickt inszeniert, so dass es ihr gelingt, die meisten der grundsätzlichen Themen im Werk von Rétif zu durchleuchten. Tatsächlich ist ihr Ansatz, mit dem Konzept des Zeitgenossen, sich seinem Werk zu nähern, einleuchtend und vermittelt wichtige und interessante Einsichten. Die Leser ihrer Studie werden mit Recht fragen, wieso Rétif de la Bretonne noch immer im Schatten der großen Aufklärer steht.
Der dritte Teil der Studie macht mit der Analyse de Werke – vor allem mit dem Tableau de Paris (1781) – von Louis-Sébastien Mercier (1740-1814) sozusagen die Gegenprobe, indem sie das Konzept des Zeitgenossen auch mit seinen Werken überprüft und seine Darstellung von Paris mit der von Rétif vergleicht. Ihr Ergebnis: Der Angriff beider auf den „geltenden Stil“: „Angriff birgt geplante Zerstörung“ (S. 535) heißt es kurz und knapp auf der vorletzten Seite. Und Richter fügt hinzu: „Dies ist – und es sei noch einmal gesagt – ein wesentlicher Teil von Modifikation, von Wandel, Demontage und Neumontage, eben das Doing des Zeitgenossen bzw. der Zeitgenossin.“(ib.)
Susan Richter
> Vom Besteck des Zeitgenossen.
Gegenwartsdiagnose im 18. Jahrhundert
ISBN: 978-3-593-51391-1
Frankfurt/M., New York: Campus 2025

