Rezension: Simon Degrave, Une conférence à Berlin
Quand un poète est aussi enseignant et qu’il assiste avec ses élèves à une conférence sur la fin de l’univers, on peut imaginer ce qui se passe dans la tête du poète lorsqu’on explique à ses élèves et à lui-même qu’un jour le soleil va se gonfler de manière démesurée, devenir une géante rouge et rayonner avec une intensité incommensurable.
C’est ce qui est arrivé à Simon Degrave, le poète ( > www.terreaciel.net/Simon-Degrave), qui note les faits totu en prêtant une grande attention, avec beaucoup de sensibilité, au langage de la conférencière. C’est son langage qui effraie quelque peu les auditeurs : « – on se représente déjà le pire du pire. » Mais le réconfort suit aussitôt : si ce scénario devait se produire dans deux à trois milliards d’années, l’atmosphère n’existerait déjà plus – un clin d’œil pour l’univers.
Simon Degrave a suivi la conférence de près et en a rendu compte à travers de nombreux poèmes dans un poemetto : > Une conférence à Berlin.
Le poète s’étonne de tant d’insouciance face au destin des hommes ; la conférencière pourrait tout aussi bien parler de la météo ou simplement de rien. Pour l’homme, toutes ces dimensions dans l’espace et le temps sont insaisissables. Tout comme le pourquoi de l’existence de notre galaxie. Tout cela est inimaginable… mais le poète parvient à tout saisir en quelques mots.
Avant même la fin de la conférence, un élève pose une question sur un soleil aux flammes bleues, ce qui déstabilise même un peu la conférencière ; elle se reprend et évoque la collision possible de la Voie lactée avec la nébuleuse d’Andromède. Une fois de plus, le poète doit intervenir et note son flegme, avec lequel elle dépeint l’impensable. Quoi qu’il en soit, « Le choc est imminent. » Et le poète traduit en quelques mots une certaine effroi. La conférencière tente de rassurer : ce ne sont que des images, des modèles de pensée : « Milkomeda, Andromilka. »
Puis elle quitte le système solaire, s’enfonce plus loin dans l’univers et s’extasie devant les exoplanètes, des milliers et des milliers d’exoplanètes. Presqu’aucun élève ne s’en étonne plus, alors qu’il y a trente ans, on ne connaissait encore aucune exoplanète. On croyait encore que notre système solaire était unique… aujourd’hui, il y en a des milliers.
Simon Degrave résume habilement le déroulement de la conférence en vers, restituant les faits avec autant de précision qu’il note dans ses poèmes l’ambiance, les réactions, l’émerveillement, les craintes, les soupirs de soulagement. En ce sens, sa poésie est supérieure à la prose, à un compte rendu sobre de la conférence : « Ce passage du possible à l’être… » Le critique pense bien sûr à Rimbaud : « Le poète arrive dans l’inconnu. » Pourquoi : « Il se rend voyant… »
Et l’ordre de l’univers, tout comme les destructions qui y règnent, existent peut-être aussi à petite échelle sur Terre. Un petit frisson parcourt le dos des auditeurs. À présent, la conférencière est de retour sur Terre parmi nous et parle de l’origine de la vie : un petit hasard, une petite mutation, et l’homme fait son apparition. Heureusement que le poète est dans la salle. Un poème, et il maîtrise aussi cette séquence. (p. 62)
Mars n’a plus d’atmosphère à cause du Soleil ? Une catastrophe écologique ?
Quel effet une telle conférence a-t-elle sur les auditeurs ? La réponse fait souvent défaut dans les comptes rendus de conférences. Le poète, lui, voit désormais les étoiles sous un autre jour. L’astrophysique lui transmet une nouvelle vision de la vie.
Son poemetto est une véritable réussite. Le poète a capturé l’univers, observé l’émerveillement et la crainte de ses élèves et, par la même occasion, découvert pour lui-même une nouvelle vision de la vie.
Les illustrations de ce volume sont signées par Anne Gracia (*1957 à Paris). Peu après la révolution roumaine, elle a réalisé un documentaire primé – Une journée à Bucarest – sur l’atelier incendié du grand sculpteur Ovide Maitec. À Bucarest, elle a fondé la première chaîne de télévision libre. En 2000, elle s’est installée à Arles et vit désormais à Paris, où elle a aménagé son atelier dans une ancienne tannerie de la rue Beaurepaire, près du canal Saint-Martin.
Simon Degrave, publié avec Une conférence à Berlin, présente son premier poemetto. Il a étudié la philosophie à Paris. Il vit désormais à Greifswald, en Allemagne, où il enseigne le français et la philosophie dans un lycée Montessori. Il rédige actuellement sa thèse de doctorat en littérature, consacrée à Antonin Artaud.
Wenn ein Dichter auch Lehrer ist und er dann noch mit seinen Schülern in einem Vortrag über das Ende des Universums sitzt, dann kann man sich vorstellen, was im Kopf des Dichters vor sich geht, wenn seinen Schülern und ihm erklärt wird, dass die Sonne sich eines Tages unverhältnismäßig groß aufblähen wird, ein roter Riese werden und unermesslich stark strahlen wird.
So ist es Simon Degrave ergangen, der Dichter ( > https://www.terreaciel.net/Simon-Degrave), der die Fakten notiert aber vor allem mit viel Sensibilität auf die Sprache der Vortragenden achtet. Es ist ihre Sprache, die die Zuhörer ein wenig verängstigt: „- on se représente déjà le pire du pire.“ Aber die Beruhigung folgt sogleich, wenn dieses Szenario n zwei bis drei Milliarden Jahren eintreten werde, existiere die Atmosphäre schon nicht mehr – ein Wimpernschlag für das Universum.
Simon Degrave hat den Vortag genau verfolgt und über sie mit vielen Gedichten in eenm poemetto berichtet: > Une conférence à Berlin.
Der Dichter wundert sich über soviel Unbesorgtheit über das Schicksal der Menschen, sie könnte auch vom Wetter oder einfach über nichts reden. Für den Menschen sind diese ganzen Dimensionen in Raum und Zeit nicht fassbar. Genausowenig das Warum bezüglich der Existenz unserer Galaxie. Unvorstellbar ist das alles… aber der Dichter schafft es in wenigen Worten alles wieder einzufangen.
Noch vor dem Ende des Vortrags fragt ein Schüler nach einer Sonne mit blauen Flammen, die die Vortragende sogar ein wenig verunsichert und sie fängt sich wieder und berichtet von der möglichen Kollision der Milchstraße mit dem Andromedanebel. Wieder muss der Dichter einschreiten und notiert ihr Phlegma, mit dem sie das Undenkbare an die Wand malt. Wie auch immer „Le choc est imminent.“ Und der Dichter gibt mit wenigen Worten ein gewisses Erschrecken wieder. Die Vortragende versucht zu beruhigen: Das seien nur Bilder, Denkmodelle: „Milkomeda, Andromilka.“
Und dann geht sie aus dem Sonnensystem hinaus, weiter in das Universum hinein und schwärmt von Exoplaneten, Tausende und Abertausende Exoplaneten. Kaum ein Schüler staunt noch, obwohl man vor dreißig Jahren noch keinen Exoplaneten kannte. Man glaubte noch, unser Sonnensystem sei einzigartig… nun sind es tausende.
Geschickt wie Simon Degrave den Verlauf der Konferenz in Verse fasst und dabei die Fakten genauso präzise wiedergibt, wie er die Stimmung, die Reaktionen, das Staunen, die Befürchtungen, das Aufatmen in seinen Gedichten notiert. In diesem Sinne ist seine Poesie der Prosa, einem nüchternen Bericht über den Vortrag überlegen: „Ce passage du possible à l’être…“ Der Rezensent denkt natürlich an Rimbaud: „Der Dichter kommt im Unbekannten an.“ Warum: „Er macht sich sehend….“
Und die Ordnung im Universum, wie auch die dort herrschenden Zerstörungen gibt es vielleicht auch im Kleinen auf der Erde. Ein kleine Schauer läuft den Zuhörern über den Rücken. Jetzt ist die Vortragende wieder auf der Erde unter uns und spricht von Ursprung des Lebens: ein kleiner Zufall, eine kleine Mutation und der Mensch tritt auf. Wie gut, dass der Dichter im Saal ist. Ein Gedicht und er hat auch diese Sequenz im Griff. (S. 62)
Der Mars hat wegen der Sonne keine Atmosphäre mehr? Eine ökologische Katastrophe?
Was macht so eineVortrag mit den Zuhörern? Die Antwort fehlt ganz oft in den Berichten über Vorträge. Der Dichter aber sieht die Sterne von nun an in einem anderen Licht. Die Astrophysik vermittelt ein neues Lebensgefühl.
Sein poemetto ist vorzüglich gelungen. Der Dichter hat das Universum eingefangen, das Staunen und die Furcht seiner Schüler beobachtet und nebenbei für sich auch ein neues Lebensgefühl entdeckt.
Von Anne Gracia (*1957 in Paris) ( > www.annegracia.com)stammen die Illustrationen in diesem Band. Sie drehte kurz nach der rumänischen Revolution einen preisgekrönten Dokumentarfilm – Une journée à Bucarest – über das niedergebrannte Atelier des großen Bildhauers Ovide Maitec. In Bukarest gründete sie den ersten freien Fernsehsender. 2000 kam sie nach Arles und jetzt lebt sie in Paris, wo sie ihr Atelier in einer ehemaligen Gerberei in der Rue Beaurepaire am Canal Saint-Martin eingerichtet hat.
Simon Degrave, veröffentlicht mit Une conférence à Berlin sein erstes poemetto vor. In Paris studierte er Philosophie. Jezt wohnt er in Greifswald in Deutschland und unterrichtet dort Französisch und Philosophie an einem Montessori-Gymnasium. Er schreibt für seine Doktorarbeit in Literaturwissenschaft, die sich mit Antonin Artaud befasst.
Simon Degrave
> Une conférence à Berlin
Illustratrations: Anne Gracia
Arles: Portaparole 2025
108 pages
ISBN 978-2-37864-095-8


