Rezension: Modernités connectées Les transferts littéraires et culturels Québec-Allemagne (XIXe – XXIe siècles)

Les relations entre le Québec et l’Allemagne ont longtemps été plutôt faibles, mais elles se sont intensifiées ces derniers temps. Aujourd’hui, de nombreux artistes québécois ont acquis une reconnaissance en Allemagne. L’Allemagne est devenue pour eux une source importante d’inspiration culturelle et leur a offert la possibilité d’aborder la modernité sous un autre angle. L’ouvrage > Modernités connectées. Les transferts littéraires et culturels Québec-Allemagne (XIXe – XXIe siècles), publié par Robert Dion, Louise-Hélène Filion et Hans-Jürgen Lüsebrink aux Presses universitaires de Montréal, documente ces échanges culturels en constante expansion depuis le XIXe siècle jusqu’à nos jours entre le Québec et l’Allemagne.
Bien que ces deux espaces culturels aient été longtemps séparés l’un de l’autre, il y a toujours eu des contacts et des influences réciproques. Les auteurs de cet ouvrage souhaitent mettre en lumière ces liens souvent méconnus et montrer l’importance qu’a eue l’Allemagne pour le développement culturel et intellectuel du Québec.
Jusqu’à une période avancée du XXe siècle, le Québec était principalement tourné vers la France sur le plan culturel. De plus, depuis le début du XXe siècle, l’influence des États-Unis s’est accrue, en particulier dans la culture populaire. L’Allemagne, en revanche, ne jouait au départ qu’un rôle mineur. Mais dès les années 1960 et 1970, on a commencé en Allemagne à s’intéresser de plus en plus à la littérature et à la culture québécoises. La « Révolution tranquille » et la politique culturelle active du Québec y ont contribué. L’Exposition universelle Expo 67 à Montréal a également contribué à faire connaître le Québec à l’échelle internationale.
Avant cette évolution, la littérature québécoise était pratiquement inconnue en Allemagne. Un des premiers exemples d’échanges littéraires est le roman de Louis Hémon, *em*
Un aspect important de ces liens réside dans les personnalités qui ont joué le rôle de médiateurs entre les cultures. Les voyages, les séjours prolongés, les traductions, les migrations et les contacts personnels ont permis l’échange d’idées et d’œuvres culturelles entre le Québec et l’espace germanophone. On peut citer comme exemples Edmond de Nevers, qui a vécu longtemps à Berlin à la fin du XIXe siècle, ainsi que des écrivains tels que Hans-Jürgen Greif et Régine Robin. Ces expériences personnelles vécues dans l’autre pays ont pu renforcer l’intérêt pour la culture étrangère et créer de nouveaux liens littéraires.
Les auteurs de cet ouvrage entendent délibérément le terme « connexion » au sens large. Il recouvre différentes formes de relations culturelles : comparaisons entre sociétés, traductions, transferts culturels, médiation, adaptation et diffusion de motifs et d’idées. Les transferts culturels ne se font pas uniquement dans un sens, mais sont souvent réciproques et impliquent parfois d’autres pays comme la France ou les États-Unis. Les contacts directs entre les personnes peuvent également conduire à un métissage culturel, à de nouvelles perspectives et à des changements linguistiques.
Un autre concept central de l’ouvrage est la « modernité » . Les auteurs distinguent ici plusieurs significations. La modernité peut se référer à la période historique allant de la Renaissance à la fin du XVIIIe siècle, au modernisme artistique et littéraire entre 1850 et 1960 environ, ou encore aux transformations technologiques et industrielles des XIXe et XXe siècles. Ces différentes formes de modernité se sont développées en Europe et en Amérique du Nord à des époques parfois différentes. Le Québec a adopté certaines de ces évolutions avec un certain retard, mais les a développées à sa manière.
Cet ouvrage met en lumière ces liens à travers divers exemples tirés de la littérature, du théâtre, du cinéma et de la culture. On peut citer notamment la collaboration de Robert Lepage avec un théâtre berlinois, la réception des films québécois en Allemagne, ainsi que des traductions et des projets culturels. À l’inverse, les auteurs québécois se sont de plus en plus intéressés à l’histoire et à la culture allemandes. Des thèmes tels que le nazisme, la Seconde Guerre mondiale, la division de l’Allemagne et la mémoire du passé jouent ici un rôle particulièrement important.
Les essais de cet ouvrage ont su mettre en lumière la diversité, voire l’intensité surprenante, des relations entre le Québec et l’Allemagne. Aujourd’hui, les traductions, les coopérations littéraires et artistiques ainsi que l’intérêt pour la culture de l’autre ne cessent de croître. L’Allemagne sert ainsi au Québec de « réservoir d’altérité », c’est-à-dire de source d’une perspective culturelle différente.
Ce recueil présente notamment des médiateurs exceptionnels :
Robert Dion rend compte de l’engagement de Marie-Élisabeth Morf et de Louis Bouchard en tant que médiateurs culturels majeurs entre le Québec et l’espace germanophone. Morf a longtemps travaillé au Goethe-Institut de Montréal, tandis que Bouchard a appris l’allemand et a exercé les métiers de libraire, de traducteur et d’interprète. Ensemble, ils ont traduit de nombreuses pièces de théâtre allemandes en français et ont fait connaître la culture allemande au Québec, tout en adaptant des pièces de théâtre québécoises en allemand.
Hans Jürgen Lüsebrink rend hommage à Lothar Baier (1942-2004), éminent journaliste, écrivain et traducteur allemand. Il fut l’un des principaux médiateurs culturels entre l’Allemagne, la France et le Québec. En tant que traducteur, il a transposé de nombreuses œuvres françaises en allemand, cherchant ainsi à rendre compréhensibles non seulement les textes, mais aussi les différences culturelles et sociales. Il s’intéressait tout particulièrement aux différences linguistiques et aux malentendus entre les différentes cultures. À travers les travaux de Lothar Baier, Lüsebrink démontre également que les thèmes politiques et historiques, notamment le nazisme, l’Holocauste et la culture de la mémoire, ont suscité un vif intérêt dans le cadre des échanges avec le Québec. Dans les années 1990, Baier s’est de plus en plus tourné vers le Québec et a publié, tant au Québec qu’en Allemagne, de nombreux textes sur la société et la littérature québécoises.
Après un premier séjour à Montréal en 1992, le Québec l’a fasciné par sa langue française, ses particularités culturelles, son multilinguisme et son lien avec l’Amérique du Nord. Avec Pierre Filion, Baier a publié en 2000 l’anthologie Anders schreibendes Amerika, afin de faire découvrir la littérature québécoise moderne à un public allemand.
Cet ouvrage constitue une contribution remarquable qui ne se contente pas de rappeler aux romanistes les formes enrichissantes que peut prendre l’échange culturel. Les auteurs mettent en lumière l’engagement de médiateurs individuels qui ont contribué, chacun à leur manière, à éveiller et à renforcer l’intérêt pour le Québec ou l’Allemagne. Il est tout à fait remarquable que cet échange ne se limite nullement à des domaines particuliers, mais concerne de la même manière la littérature, le théâtre, le cinéma, l’art et, surtout, la culture de la mémoire.
L’évaluation par Florian Lisson des travaux de Lothar Baier résume le champ de tensions dans lequel s’inscrit l’échange culturel germano-québécois : « La critique de Baier nous rappelle que les échanges facilités par les effets de la mondialisation nécessitent également une perspective interculturelle, laquelle est indispensable pour porter un regard humaniste et juste sur le monde, ce regard si cher à cet essayiste allemand qui nous a quittés prématurément il y a plus de vingt ans. » (p. 97)
Traduit avec deepl.com.
Die Beziehungen zwischen Québec und Deutschland waren lange Zeit eher schwach, haben sich aber in der letzten Zeit intensiviert. Mittlerweile haben viele Künstler aus Québec in Deutschland Anerkennung gefunden. Deutschland wurde für sie zu einer wichtigen Quelle kultureller Inspiration und bot ihnen eine Möglichkeit, die Moderne aus einer anderen Perspektive zu betrachten. Der Band > Modernités connectées. Les transferts littéraires et culturels Québec-Allemagne (XIXe – XXIe siècles), den Robert Dion, Louise-Hélène Filion, Hans-Jürgen Lüsebrink bei den Presses Universitaires de Montréal herausgegeben haben, dokumentiert diesen stets wachsenden Kulturaustausch seit dem 19. Jahrhundert bis heute zwischen Québec und Deutschland.
Beide Kulturräume waren über lange Zeit voneinander getrennt, trotzdem gab es immer wieder Kontakte und gegenseitige Einflüsse. Die Autoren dieses Buches wollen diese oft wenig bekannten Verbindungen sichtbar zu machen und darlegen, welche Bedeutung Deutschland für die kulturelle und intellektuelle Entwicklung Québecs hatte.
Bis weit ins 20. Jahrhundert war Québec kulturell vor allem auf Frankreich ausgerichtet. Zudem nahm seit dem frühen 20. Jahrhundert der Einfluss der USA zu, besonders in der Populärkultur. Deutschland spielte dagegen zunächst nur eine geringe Rolle. Aber seit den 1960er- und 1970er-Jahren begann man sich in Deutschland vermehrt an der Literatur und Kultur Québecs zu interessieren.. Die „Révolution tranquille“ und die aktive Kulturpolitik Québecs trugen dazu bei. Auch die Weltausstellung Expo 67 in Montréal machte Québec international bekannter.
Vor dieser Entwicklung war die Literatur des Québec in Deutschland kaum bekannt. Ein frühes Beispiel für einen literarischen Austausch ist Louis Hémons Roman Maria Chapdelaine, dessen deutsche Übersetzung 1922 erschien. Auch während der Zeit des Nationalsozialismus bestanden Kontakte, allerdings häufig im Zusammenhang mit politischen Krisen, Krieg und Migration. Deutschsprachige Exilanten, darunter jüdische und sozialdemokratische Flüchtlinge, kamen nach Kanada. Die deutsch-kanadische Gemeinschaft hinterließ aber wenige sichtbare Spuren in der kulturellen Erinnerung Québecs.
Ein wichtiger Aspekt der Verbindungen sind einzelne Personen, die als Vermittler zwischen den Kulturen fungierten. Reisen, längere Aufenthalte, Übersetzungen, Migration und persönliche Kontakte ermöglichten es, Ideen und kulturelle Werke zwischen Québec und dem deutschen Sprachraum auszutauschen. Beispiele sind Edmond de Nevers, der Ende des 19. Jahrhunderts längere Zeit in Berlin lebte, sowie Schriftsteller wie Hans-Jürgen Greif und Régine Robin. Solche persönlichen Erfahrungen im jeweils anderen Land konnten das Interesse an der fremden Kultur verstärken und neue literarische Verbindungen schaffen.
Die Autoren dieses Bandes verstehen den Begriff „Connexion“ ganz bewusst als weit gefasst. Er zielt auf verschiedene Formen kultureller Beziehungen: Vergleiche zwischen Gesellschaften, Übersetzungen, kulturelle Transfers, Vermittlung, Anpassung und die Verbreitung von Motiven und Ideen. Kulturelle Transfers verlaufen dabei nicht nur in eine Richtung, sondern sind häufig gegenseitig und beziehen teilweise auch andere Länder wie Frankreich oder die USA mit ein. Auch direkte Kontakte zwischen Menschen können zu kultureller Vermischung, neuen Perspektiven und sprachlichen Veränderungen führen.
Ein weiterer zentraler Begriff des Buches ist die „Modernität“. Die Autoren unterscheiden dabei mehrere Bedeutungen. Modernität kann sich auf die historische Epoche von der Renaissance bis zum Ende des 18. Jahrhunderts beziehen, auf die künstlerische und literarische Moderne etwa zwischen 1850 und 1960 oder auf die technologischen und industriellen Veränderungen des 19. und 20. Jahrhunderts. Diese verschiedenen Formen der Modernität entwickelten sich in Europa und Nordamerika teilweise zeitlich unterschiedlich. Québec übernahm bestimmte Entwicklungen mit Verzögerung, entwickelte sie aber auf eigene Weise weiter.
Das Buch zeigt diese Verbindungen anhand verschiedener Beispiele aus Literatur, Theater, Film und Kultur. Dazu gehören etwa die Zusammenarbeit von Robert Lepage mit einem Berliner Theater, die Rezeption québecischer Filme in Deutschland sowie Übersetzungen und kulturelle Projekte. Umgekehrt beschäftigten sich Autoren aus Québec zunehmend mit deutscher Geschichte und Kultur. Dabei spielen besonders Themen wie der Nationalsozialismus, der Zweite Weltkrieg, die deutsche Teilung und die Erinnerung an die Vergangenheit eine wichtige Rolle.
Die Aufsätze dieses Bandes ist es gelungen, die Vielfalt, ja auch die überraschende Intensität der die Beziehungen zwischen Québec und Deutschland vorzustellen. Heute nehmen Übersetzungen, literarische und künstlerische Kooperationen sowie das Interesse an der jeweils anderen Kultur zu. Deutschland dient Québec dabei als eine Art „réservoir d’altérité“, also als Quelle einer anderen kulturellen Perspektive.
In diesem Band werden u.a. auch herausragende Mediatoren vorgestellt:
Robert Dion berichtet über das Engagement von Marie-Élisabeth Morf und Louis Bouchard als wichtige Kulturvermittler zwischen Québec und dem deutschsprachigen Raum. Morf arbeitete lange am Goethe-Institut in Montréal, während Bouchard Deutsch lernte und als Buchhändler, Übersetzer und Dolmetscher tätig war. Zusammen übersetzten sie übersetzten sie zahlreiche deutsche Theaterstücke ins Französische und machten deutsche Kultur in Québec bekannter, genauso wie sie québecische Theaterstücke ins Deutsche übertrugen.
Hans Jürgen Lüsebrink erinnert an Lothar Baier (1942-2004) vor, ein bedeutender deutscher Journalist, Schriftsteller, Übersetzer. Er war einer der wichtigen Kulturvermittler zwischen Deutschland, Frankreich und Québec. Als Übersetzer übertrug er zahlreiche französische Werke ins Deutsche und wollte dabei nicht nur Texte, sondern auch kulturelle und gesellschaftliche Unterschiede verständlich machen. Er interessierte sich besonders für sprachliche Unterschiede und Missverständnisse zwischen verschiedenen Kulturen. Mit den Arbeiten von Lothar baier kann Lüsebrink auch nachweisen, dass die politischen und historischen Themen, insbesondere mit dem Nationalsozialismus, dem Holocaust und der Erinnerungskultur im Austausch mit Québec eine großes Interesse fand. In den 1990er-Jahren richtete Baier seinen Blick zunehmend auf Québec und veröffentlichte dort und in Deutschland zahlreiche Texte über die québecische Gesellschaft und Literatur.
Nach einem ersten Aufenthalt in Montréal 1992 faszinierte ihn Québec wegen seiner französischen Sprache, seiner kulturellen Besonderheiten, seiner Mehrsprachigkeit und seiner Verbindung zu Nordamerika. Mit Pierre Filion gab Baier 2000 die Anthologie Anders schreibendes Amerika heraus, um die moderne québecische Literatur einem deutschen Publikum näherzubringen.
Der Band ist ein bemerkenswerter Beitrag, der nicht nur Romanisten an die bereichernden Formen des Kulturaustausches erinnert. Die Autoren zeigen das Engagement einzelner Mediatoren, die dazu beigetragen haben, jeweils das Interesse für Québec oder Deutschland zu wecken und zu verstärken. Es ist durchaus bemerkenswert, dass dieser Austausch sich keineswegs auf einzelne Gebiete beschränkt, sondern die Literatur, das Theater, das Kino, die Kunst und vor allem auch die Erinnerungskultur gleichermaßen betrifft.
Florian Lissons Einschätzung der Arbeiten von Lothar Baier resümiert das Spannungsfeld, in dem sich der deutsch-québecische Kulturaustuasch bewegt: „Baiers Kritik erinnert uns daran, dass der durch die Globalisierung erleichterte Austausch auch eine interkulturelle Perspektive erfordert, die unverzichtbar ist, um einen humanistischen und gerechten Blick auf die Welt zu werfen – jene Sichtweise, die diesem deutschen Essayisten, der uns vor mehr als zwanzig Jahren viel zu früh verlassen hat, so am Herzen lag.“ (S. 97)
Robert Dion, Louise-Hélène Filion, Hans-Jürgen Lüsebrink, Hg.
> Modernités connectées
Les transferts littéraires et culturels Québec-Allemagne (XIXe – XXIe siècles)
Papier ISBN 978-2-7606-5552-2 37,95 $ <
PDF ISBN 978-2-7606-5553-9
E-Pub< ISBN 978-2-7606-5554-6
Montréal, Québec, Presses Universitaire de Montréal 2026.

