Rezension: René de Ceccatty, Pasolini et le Christ. Toi, scandale et passion
| Workshop zu Jean-Paul Sartres Cahiers pour une morale: 25.-27. September 2026 |
Les éditions Portaparole à Arles viennent de publier un ouvrage de René de Ceccatty, Pasolini et le Christ. Toi, scandale et passion vient de paraître aux éditions Portaparole à Arles. L’auteur y retrace la conception et la réalisation du film L’Évangile selon saint Matthieu (1964) de Pier Paolo Pasolini.
Lorsque le film de Pier Paolo Pasolini L’Évangile selon saint Matthieu est sorti, les cinéphiles, les catholiques et les militants politiques ont été surpris qu’un marxiste raconte l’histoire de Jésus et choisisse un jeune militant communiste, Enrique Irazoqui, pour incarner le Christ. En 1964, Pasolini (1922-1975) était déjà un artiste connu et controversé, qui avait été traduit en justice à plusieurs reprises pour obscénité, blasphème et atteinte aux bonnes mœurs : « Mais il était reconnu, il n’avait rien de maudit. » (p. 32) Il avait cependant toujours porté un grand intérêt au sacré, et sa représentation du Christ était rebelle, provocante et dirigée contre les pharisiens.
René de Ceccatty a réussi de manière impressionnante à replacer la genèse de ce film dans le contexte global de l’œuvre de Pasolini et à retracer, à l’aide de détails biographiques importants, le chemin qui a conduit Pasolini à ce film. Après la mort de Pasolini, ses textes intimes datant de 1946 ont été publiés sous le titre Actes Impurs, qui éclairent la relation de Pasolini à la religion au sein de son foyer familial : « On ne respirait donc pas un air catholique à la maison ; mais un air moral et spirituel, ça, oui. » (p. 25) À 15 ans, il fait sa première communion à Boulogne, mais ce geste lui semblait déjà inutile. Que représentait le Christ pour lui ? Ceccatty écrit : « Un tribun qui a besoin de communiquer avec le peuple, quitte à se sacrifier. » (p. 29)
Ceccatty explore les sources permettant de reconstituer, dans la pensée de Pasolini, la conception du film L’Évangile selon saint Matthieu. Parmi celles-ci figure notamment un journal intime du réalisateur, qui en dit long sur ses convictions politiques, théologiques, mais aussi sexuelles. (Cf. p. 41) L’auteur en résume ainsi la portée : « Un sujet comme celui du Christ, figure fondatrice de l’Église catholique, mettait en jeu toutes sortes d’intérêts personnels ; il ne cessait de réfléchir au rôle des mythes et du sacré, des rituels et des institutions, comme l’avait fait avant lui Dante. » (p. 45)
Dans plusieurs passages de son ouvrage, Ceccatty explore les tensions entre le marxisme et le christianisme et évoque également l’analogie que Michel Cournot avait établie dans Le Nouvel Observateur entre le Christ et Lénine, citant Cournot : « Je ne sais si M. Pasolini est un prodige d’inconscience ou un petit champion de la publicité. Vendre un film à la fois à ceux qui communient à Pâques et à ceux qui cotisent chaque janvier au Parti communiste, évidemment cela ne serait pas mal. » (p. 51) Parmi les nombreuses interviews et déclarations concernant son film, une remarque retient l’attention, qui renvoie à l’idée fondamentale de ce film : « En outre, en même temps que cette méthode de reconstitution analogique… », par quoi il entend la reproduction de la Palestine d’autrefois par une approche de la réalité actuelle… « il y a cette idée du mythe et du caractère épique dont j’ai souvent parlé : ainsi, en racontant l’histoire du Christ, je n’ai pas voulu reconstituer le Christ tel quel ; je n’aurais pas fait un film religieux, car je ne suis pas croyant. Je ne crois pas que le Christ soit le fils de Dieu. J’aurais fait, tout au plus, une reconstitution positiviste ou marxiste, et donc, dans le meilleur des cas, la reconstitution d’une vie qui aurait pu être celle de l’un des cinq ou six mille ermites ou sages qui, à cette époque, prêchaient en Palestine. Mais je ne voulais pas faire cela, car la désacralisation ne m’intéresse pas : c’est une mode que je déteste, petite-bourgeoise. Je veux les reconsacrer autant que possible, je veux les remythifier. » (p. 57) Et dans le paragraphe suivant, Pasolini résume ainsi son intention avec ce film : « Mon film, c’est la vie du Christ plus deux mille ans d’histoires racontées sur la vie du Christ. » (ibid.)
Grâce au choix des extraits et des sources tirés des œuvres et des entretiens de Pasolini, l’auteur de cet ouvrage a réussi à proposer une analyse passionnante qui rappelle de manière impressionnante comment Pasolini a marqué l’histoire du cinéma avec ce film. Même si Pasolini n’a cessé de riposter à ses détracteurs par des propos bien tournés afin de leur couper l’herbe sous le pied, le jugement de Ciccatty est sans équivoque : « Il (c’est-à-dire Pasolini) n’a cessé, tel Dante, de dénoncer l’imbécillité et l’inculture des représentants d’une Église d’autant plus décadente et hypocrite qu’elle se voulait moralisatrice, d’autant plus corrompue qu’elle se prétendait intègre. » (p. 91)
Gerade ist im Verlag Portaparole in Arles ein Band von René de Ceccatty, Pasolini et le Christ. Toi, scandale et passion erschienen, in dem der Autor die Konzeption und Realisation des Films Das 1. Evangelium – Matthäus (L’Évangile selon saint Matthieu) (1964) von Pier Paolo Pasolini darstellt.
Als Pier Paolo Pasolinis Film Das Evangelium nach Matthäus erschien, waren Kinofans, Katholiken und politische Aktivisten überrascht, weil ein Marxist die Geschichte von Jesus erzählte und einen jungen kommunistischen Aktivisten Enrique Irazoqui als Christus besetzte. Pasolini (1922-1975) war 1964 bereits ein bekannter und umstrittener Künstler, der wegen Obszönität, Blasphemie und Verstößen gegen die guten Sitten mehrfach vor Gericht stand: „Aber er war anerkannt, an ihm war nichts Verfluchtes.“ (S.: 32) Er hatte jedoch immer ein großes Interesse am Heiligen, und seine Darstellung von Christus war rebellisch, provokant und gegen die Pharisäer gerichtet.
René de Ceccatty ist es eindrucksvoll gelungen, die Entstehung dieses Films in den Gesamtzusammenhang des Lebenswerk von Pasolini einzubetten und mit wichtigen biographischen Details den Weg nachzuzeichnen, der Pasolini zu diesem Film geführt hat. Nach dem Tod Pasolinis wurden seinen intimen Texte von 1946 unter dem Titel Actes Impurs veröffentlicht, die einen Aufschluss über das Verhältnis von Pasolini zur Religion in seinem Elternhaus vermitteln: „Zu Hause herrschte also keine katholische Atmosphäre; aber eine moralische und spirituelle Atmosphäre, das schon.“ (p. 25) Mit 15 erlebt er in Boulogne seine erste Kommunion, aber diese Handlung erschien ihm schon unnötig. Was bedeutete Christus für ihn. Ceccatty schriebt: „Ein Volkstribun, der mit dem Volk kommunizieren muss, selbst wenn er dafür Opfer bringen muss.“ (S. 29)
Ceccatty geht den Quellen nach, mit denen die Konzeption des Films Das 1. Evangelium – Matthäus (L’Évangile selon saint Matthieu) im Denken Pasolinis rekonstruiert werden kann. Dazu gehört auch ein Tagebuch des Regisseurs, das einiges über seine politischen, theologischen aber auch sexuellen Vorstellungen verrät. (Vgl. S. 41) Ihre Tragweite umreißt der Autor so: „Ein Thema wie das von Christus, der Gründungsfigur der katholischen Kirche, brachte alle möglichen persönlichen Interessen ins Spiel; er setzte sich unablässig mit der Rolle von Mythen und dem Heiligen, von Ritualen und Institutionen auseinander, so wie es vor ihm schon Dante getan hatte.“ (S. 45)
In mehreren Passagen seines Buches geht Ceccatty dem Spannungsverhältnis zwischen Marxismus und Christentum nach und erwähnt auch die Analogie, die Michel Cournot in Le Nouvel Observateur zwischen Christus und Lening genannt hatte und zitiert Cournot: „Ich weiß nicht, ob Herr Pasolini ein Wunderkind der Leichtsinnigkeit oder ein kleiner Meister der Werbung ist. Einen Film gleichzeitig denen unterzuschieben, die zu Ostern zur Kommunion gehen, und denen, die jedes Jahr im Januar ihren Beitrag an die Kommunistische Partei zahlen – das wäre natürlich nicht schlecht..“ (S. 51) In den zahlreichen Interviews und Stellungnahmen zu seinem Film fällt eine Bemerkung auf, die auf die Gruundidee zu diesem Film verweist: „Zudem wird parallel zu dieser analogen Rekonstruktionsmethode…“, womit er die Reproduktion Palästinas von damals mit einer Annäherung an die heutige Realität meint… „Es gibt diese Idee des Mythos und des Epischen, von der ich oft gesprochen habe: Als ich also die Geschichte Christi erzählte, wollte ich Christus nicht eins zu eins nachzeichnen; ich hätte keinen religiösen Film gedreht, denn ich bin nicht gläubig. Ich glaube nicht, dass Christus der Sohn Gottes ist. Ich hätte höchstens eine positivistische oder marxistische Rekonstruktion geschaffen und somit im besten Fall die Nachzeichnung eines Lebens, das das eines der fünf- oder sechstausend Einsiedler oder Weisen hätte sein können, die zu jener Zeit in Palästina predigten. Aber das wollte ich nicht tun, denn die Entheiligung interessiert mich nicht: Das ist eine Modeerscheinung, die ich verabscheue, eine kleinbürgerliche. Ich möchte so viel wie möglich wieder heiligen, ich möchte sie neu mythologisieren.“ (S. 57) Und im gleichen Absatz bringt Pasolini sein Anliegen mit diesem Film auf den Punkt:“Mein Film handelt vom Leben Christi sowie von zweitausend Jahren Geschichte, die über das Leben Christi erzählt wurden..“ (ebd.)
Mit der Wahl der Belege und Quellen aus den Werken und Interviews Pasolini ist dem Autor dieses Buches eine spannende Analyse gelungen, die in beeindruckender Weise daran erinnert, wie Pasolini mit diesem Film Filmgeschichte geschrieben hat. Auch wenn Pasolini immer wieder seinen Kritikern mit wohlgesetzten Worten entgegentrat, um ihnen den Wind aus den Segeln zu nehmen, so ist doch Ciccattys Urteil eindeutig: „Er (i. e. Pasolini) hat, wie Dante, unermüdlich die Dummheit und die Unbildung der Vertreter einer Kirche angeprangert, die umso dekadenter und heuchlerischer war, je mehr sie sich als moralisch überlegen gab, und umso korrupter, je mehr sie vorgab, integer zu sein.“ (S. 91)
Maria A. Macciocchi war 1964 beim Treffen mit Pasolini und Jean-Paul Sartre in Paris mit dabei und hat in L’Unità am 22.12.1964 darüber berichtet: > Ho assistito al dialogo tra Pasolini e Sartre sul Vangelo – Website von Alfred Betschart
René de Ceccatty,
Pasolini et le Christ.
Toi, scandale et passion
Arles : Portaparole 2026
ISBN : 978-2-37864-104-7
L’Évangile selon Saint Matthieu, Pasolini, 1964. VF:

