Nachgefragt: Vergangene Zukunft von Reinhart Koselleck wurde von Azelarabe Lahkim Bennani übersetzt


Le professeur émérite Azelarabe Lahkim Bennani enseigne la philosophie à l’université de Fès. Il vient de publier au Maroc la traduction arabe de l’ouvrage de Reinhart Koselleck intitulé *Vergangene Zukunft*.
La traduction de « Vergangene Zukunft » a été publiée par la maison d’édition libanaise « Dar Al Kitab Al Jadid » en 2026. Il s’agit du premier ouvrage de Koselleck en arabe.
La rédaction de notre blog a pu poser quelques questions au professeur Lahkim Bennani au sujet de cette traduction.
Nous présentons ici d’abord la version française, puis la version arabe de cet entretien. Nous résumons ensuite certaines de ses réponses, tandis que d’autres sont reproduites ici dans leur intégralité :
La version allemande suit. Veuillez cliquer sur le drapeau allemand.
Pourquoi avez-vous traduit ce livre précisément en ce moment ? Compte tenu des crises internationales qui se sont considérablement multipliées ces dernières années, on parle sans cesse en Allemagne d’un tournant historique, voire d’une rupture d’époque . De telles appréciations ont aussi un rapport avec les perceptions très subjectives de nos contemporains, qui ressentent une accélération et croient discerner un « changement d’expérience » (Koselleck, p. 13). Votre travail de traduction a-t-il un rapport avec cette actualité ? Ou, en d’autres termes, pourquoi avez-vous traduit ces essais précisément maintenant ?
Le professeur Lahkim Bennani nous a expliqué – nous résumons sa réponse : le texte montre que les crises sociales et l’impression de décadence sont des phénomènes qui reviennent régulièrement dans l’histoire et qui s’accompagnent souvent de bouleversements culturels et intellectuels profonds. Dans le même temps, il met en garde contre la rhétorique populiste du déclin et souligne, en référence à Koselleck, l’importance d’une conception ouverte de l’avenir, de l’expérience et du changement social.
Koselleck divise ses essais en trois chapitres : la relation entre le passé et l’avenir, puis la détermination du temps, et la troisième partie examine une « sémantique du changement de l’expérience historique ». Commençons par la première réflexion : le passé peut-il nous enseigner quelque chose sur le présent aujourd’hui ? Le deuxième essai s’intitule « Historia Magistra Vite. De la dissolution du topos dans l’horizon de l’histoire moderne en mouvement » : comment Koselleck décrit-il le rôle modifié de l’histoire ?
Le professeur Lahkim Bennani montre comment Koselleck conçoit l’histoire comme une interprétation prospective et tournée vers l’avenir du passé, et l’illustre à l’aide de l’exemple de la tentative de Mohammed Abed Al-Jabri de mettre le rationalisme arabe au service d’une vision moderne de l’avenir. Il souligne ainsi que toute écriture de l’histoire est marquée par les attentes et les expériences de son présent et que le passé ne peut être reconstitué de manière objective ou immuable.
Selon Koselleck, l’histoire ne peut donc plus être considérée comme la « maîtresse de vie », car les événements historiques restent uniques, ne se répètent pas et se situent toujours au cœur d’une tension entre mémoire, expérience et attentes futures.
La révolution et la guerre civile sont ainsi des expériences fondamentales qui échappent souvent totalement aux critères de la mémoire historique. Ou bien une révolution est-elle, selon le savant français Hauréau (Koselleck, p. 69), auquel Koselleck fait référence, un retour au point de départ ?
Le terme vient à l’origine de l’astronomie : nous résumons la réponse du professeur Lahkim Bennani : le terme « révolution » désignait à l’origine un changement cyclique et le retour au point de départ, tel que l’a décrit par exemple Ibn Khaldoun dans sa théorie de la naissance et de la chute des États. Ce n’est qu’à l’époque moderne, notamment avec la Révolution française, que le terme a pris le sens d’un nouveau départ historique radical et du progrès.
La deuxième partie traite de la détermination du temps, ainsi que de l’expérience du temps vécue par les contemporains, qui façonne leur identité collective (p. 119). Mais dès le début de la deuxième partie, Koselleck souligne, en référence à Épictète, l’importance fondamentale des relations entre les événements et les mots. Cet aspect jouera-t-il également un rôle dans le séminaire que le professeur Lahkim Bennani consacrera à cet ouvrage ?
„Lorsque je rédigeais des articles dans une langue étrangère et que j’utilisais le « nous », on me demandait souvent de quel « nous » il s’agissait. En effet, « nous » est le contraire de « vous » et de « tu ». C’est à partir de la perspective de l’Autre que je définis l’espace linguistique et l’interlocuteur. L’Autre est plus âgé que moi, comme l’a dit Carl Bühler. On pourrait dire que je suis né lorsque j’ai appris à utiliser le pronom « je ». « Est ego qui dit « ego » (je) » est un acte de langage, comme l’a dit Benveniste dans ses « Problèmes de linguistique générale ». Les concepts existent parce qu’il y a d’autres concepts opposés. Je me définis comme musulman par rapport à un chrétien européen, et non par rapport à un bouddhiste chinois ou à un chaman d’Afrique subsaharienne. Il existe toujours des rapports de force et des contre-pouvoirs. Lorsque nous utilisons en Autriche la notion d’« État » politique, nous faisons référence à l’État autrichien fondé par la Constitution de 1954. Nous faisons référence à la République de Weimar ainsi qu’à la RDA et à la RFA en tant que systèmes politiques distincts. Au Maroc, l’État n’est pas lié à la Constitution de 1962, mais à la fondation de Fès en 808. Les concepts doivent être mis en opposition avec des concepts opposés, à l’instar des contre-religions face aux religions chez Jan Assmann. »
« L’avant et l’après d’un événement conservent leur propre qualité temporelle, qui peut être entièrement réduite à ses conditions à long terme. » (Koselleck, p. 151) Koselleck n’aurait-il pas dû écrire : « L’avant et l’après d’un événement conservent chacun leur propre qualité temporelle… » ?
Prof. Lahkim Bennani : « Qu’est-ce qu’un événement, au juste ? Presque personne ne peut le définir ; c’est la face visible de ce qui reste caché dans le passé récent et façonne l’avenir attendu. Husserl parle déjà d’une synthèse passive entre mémoire et anticipation. Cette synthèse comprend la représentation des deux extrémités de l’événement. Lorsque Koselleck parle d’histoire universelle, il tient compte du fait que l’acteur de l’histoire ne saisit qu’une fraction de l’événement, dont il mesure ou néglige la signification. D’autres acteurs saisissent d’autres informations que l’un ou l’autre considère comme instructives ou insignifiantes. L’histoire est universelle parce qu’elle est la grande synthèse passive et la convergence d’histoires particulières, dont nous ne saisissons respectivement qu’une partie. »
La troisième partie porte sur la faisabilité de l’histoire. (cf. p. 161) Et il cite le baron von Eichendorff : « L’un fait l’histoire, l’autre l’écrit. » Est-ce vrai, l’histoire peut-elle être faite ?
Prof. Lahkim Bennani : « Je voudrais vous raconter une histoire sur la faisabilité de l’histoire, à partir d’un exemple local au Maroc. Cet exemple concerne la résistance contre le colonialisme français. Lorsque le roi du Maroc a soutenu le mouvement de résistance, les Français l’ont destitué en 1953 et l’ont exilé en Corse et à Madagascar pendant près de deux ans. Pendant la résistance des nationalistes marocains contre la France, une légende s’est répandue selon laquelle l’image de Mohammed V serait apparue sur la Lune, à tel point que certains, pris d’une hystérie collective, croyaient voir son visage sur la surface lunaire. Ma mère m’a raconté cette histoire inventée de Mohammed V et de son visage qui serait apparu aux gens sur la Lune. Cette histoire est une réécriture mythique du fait que Mohammed V est plus proche des Marocains que ne le pensaient les Français. La pleine lune est un symbole de beauté et d’amour dans la poésie arabe. L’histoire racontée est un mythe avec lequel les nationalistes ont créé l’Histoire, au sens de Koselleck, à condition que les mythes se distinguent de la science historique. L’historien décrit l’Histoire, le mythe la crée.
Un autre exemple tiré de l’histoire du Maroc :
Dans les années 1980, un professeur de l’université de Fès affirmait dans ses cours avoir fait une grande découverte : Moulay Idris II, fondateur de Fès et du premier État au Maroc en 808, ne serait pas celui qui repose dans le mausolée qui lui est attribué, car sa tombe serait restée inconnue pendant au moins deux siècles. Mais soudain, d’un seul coup, et des siècles après sa mort, certains érudits ont réussi, sur la base de données douteuses, à identifier sa tombe supposée, et il a été inhumé dans le mausolée qui porte aujourd’hui son nom dans la vieille ville de Fès. Pour ce faire, ils se sont appuyés sur des sources qui, selon eux, leur ont permis d’identifier les restes mortels de Moulay Idris lui-même et de le transférer dans sa tombe actuelle. Il n’existe toutefois aucune preuve de l’exactitude de ces récits, ni du fait qu’il soit réellement celui qui repose dans ce mausolée !
Supposons que la version généralement admise de l’historien soit exacte. Quel est le sens de cette histoire ?
Je ne veux pas minimiser les efforts des historiens qui recherchent la vérité historique, mais l’histoire de la construction du mausolée m’enseigne que nos ancêtres étaient plus malins que nous.
Pourquoi ?
Parce qu’ils ont réussi à créer une image de Fès qui repose sur le mausolée de Moulay Idriss !
De cette histoire inventée est née une mémoire historique. Au contraire, la tâche de l’historien consiste à démanteler les monuments, et ce n’est pas nouveau ; car Kosselleck a approfondi la question de la représentation et de la mémoire de l’histoire dans son ouvrage. Les historiens savent combien il est difficile de concilier mythe et vérité. En tant que scientifiques, les historiens mettent la vérité au jour, ils la « dévoilent » (si l’on parle métaphoriquement, selon Blumenberg dans ses *em* *Metaphorologische Schriften* ) telle qu’elle s’est formée. Mais l’histoire de Mohammed V sur la Lune, la construction du mausolée de Moulay Idriss al-Azhar et d’autres événements étaient des actes politiques visant à construire une identité fondée sur des mythes fondateurs. Il en résulte que l’historien déconstruit et dévoile la vérité – telle est sa mission scientifique –, tandis que l’artiste et l’esprit créatif voilent ces vérités et recouvrent la honte de l’histoire d’une feuille de vigne (les réflexions de Koselleck sur l’histoire universelle sont très éclairantes). L’histoire des historiens et l’histoire des artistes fusionnent en une histoire universelle – une histoire de ce qui s’est réellement passé et de ce qui aurait pu se passer, une histoire dévoilée par les historiens et façonnée par les créateurs et les politiciens. C’est également ce que nous pouvons déduire du concept d’histoire universelle de Koselleck.
Merci beaucoup d’avoir proposé la présentation de la traduction en arabe du livre « Vergangene Zukunft ».
Die Übersetzung von „Vergangene Zukunft“ ist im libanesischen Verlag „Dar Al Kitab Al Jadid“ erschienen, 2026. Das ist das erste Buch von Koselleck auf Arabisch.
Unsere Blog-Redaktion konnte Professor Lahkim Bennani zu dieser Übersetzung Fragen stellen.
Wir zeigen hier zuerst die französische, dann die arabische und danach die deutsche Fassung dieses Gesprächs. Danach fassen wir einige seiner Antworten zusammen, andere geben wir hier ungekürzt wieder:
Die deutsche Fassung folgt.
Wieso haben Sie dieses Buch gerade jetzt zu dieser Zeit übersetzt? Angesichts der internationalen Krisen, die sich in gerade in den letzten Jahren enorm gehäuft haben, wird in Deutschland immer wieder von einer Zeitenwende, gar einem Epochenbruch gesprochen. Solche Einschätzungen haben auch etwas mit den ganz subjektiven Empfindungen unserer Zeitgenossen zu tun, die eine Beschleunigung spüren und glauben, einen „Erfahrungswandel“ (Koselleck, S. 13) zu erkennen glauben. Hat Ihre Übersetzungsarbeit mit dieser Aktualität etwas zu tun? Oder anders gefragt, warum haben Sie gerade jetzt dieses Aufsätze übersetzt?
Professor Lahkim Bennani hat uns erklärt – wir fassen seine Antwort zusammen: Der Text zeigt, dass gesellschaftliche Krisen und der Eindruck von Dekadenz historisch wiederkehrende Phänomene sind, die oft mit tiefgreifenden kulturellen und intellektuellen Umbrüchen einhergehen. Gleichzeitig warnt er vor populistischer Niedergangsrhetorik und betont mit Bezug auf Koselleck die Bedeutung eines offenen Verständnisses von Zukunft, Erfahrung und gesellschaftlichem Wandel.
Konsellek teilt seine Aufsätze in drei Kapitel ein: Das Verhältnis von Vergangenheit und Zukunft, dann geht es um die Zeitbestimmung und der dritte Teil untersucht eine „Semantik geschichtlichen Erfahrungswandels“. Beginnen wir mit dem ersten Gedanken: Kann die Vergangenheit uns heute über die Gegenwart etwas lehren? Der zweite Aufsatz trägt den Titel „Historia Magistra Vite. Über die Auflösung des Topos im Horizont neuzeitlich bewegte Geschichte“: Wie beschreibt Koselleck die veränderte Rolle der Geschichte?
Professor Lahkim Bennani zeigt, wie Koselleck Verständnis von Geschichte als perspektivische und zukunftsorientierte Deutung der Vergangenheit, und illustriert sie am Beispiel von Mohammed Abed Al-Jabris Versuch, den arabischen Rationalismus für eine moderne Zukunftsvision fruchtbar zu machen. Dabei wird betont, dass jede Geschichtsschreibung von den Erwartungen und Erfahrungen ihrer Gegenwart geprägt ist und die Vergangenheit nicht objektiv oder unverändert rekonstruiert werden kann. Koselleck zufolge kann Geschichte deshalb nicht mehr als „Lehrmeisterin des Lebens“ gelten, da historische Ereignisse einzigartig bleiben, sich nicht wiederholen und immer im Spannungsfeld von Erinnerung, Erfahrung und Zukunftserwartung stehen.
Revolution und Bürgerkrieg sind so fundamentale Erfahrungen, die sich oft den Masstäben historischer Erinnerung gänzlich entziehen. Oder ist eine Revolution nach dem französischen Gelehrten Hauréau (Koselleck, S: 69) , an den Koselleck erinnert, eine Rückkehr zu einem Ausgangspunkt?
Der Begriff kam ursprünglich aus der Astronomie: Wir fassen die Antwort von Professor Lahkim Bennani zusammen: Der Begriff „Revolution“ bezeichnete ursprünglich einen zyklischen Wandel und die Rückkehr zum Ausgangspunkt, wie ihn etwa Ibn Khaldun in seiner Theorie vom Aufstieg und Zerfall von Staaten beschrieb. Erst in der Moderne, besonders mit der Französische Revolution, erhielt der Begriff die Bedeutung eines radikalen historischen Neubeginns und Fortschritts.
Im zweiten Abschnitt geht es um die Zeitbestimmung, auch um die Zeiterfahrung der Mitlebenden, wodurch ihre Gruppenidentität (S. 119) geprägt wird. Aber Koselleck weist schon zu Beginn des 2. Teils Mit Blick auf Epiktet auf die fundamentale Bedeutung der Beziehungen zwischen Ereignissen und Worten hin. Dieser Aspekt wird doch Herr Professor Lahkim Bennani in ihrem Seminar zu diesem Buch auch eine Rolle spielen?
„Als ich Artikel in einer Fremdsprache verfasste und dabei das „wir“ verwendete, wurde ich oft gefragt, welches „wir“ gemeint sei. Tatsächlich ist „wir“ das Gegenteil von „euch“ und „du“ . Aus der Perspektive des Anderen definiere ich den Sprachraum und Ansprecgpartner. Der Andere ist älter als ich, wie Carl Bühler sagte. Man könnte sagen, ich sei geboren, als ich lernte, das Pronomen „ich“ zu benutzen. „Est ego qui dit „ego“ (ich) ist ein Sprachakt, wie Benveniste sagte in seinen „Problèmes de linguistique générale“. Es gibt Begriffe, weil es andere Gegenbegriffe gegenüber gibt. Ich definiere mich als Muslim im Verhältnis zu einem europäischen Christen, nicht im Verhältnis zu einem chinesischen Buddhisten oder einem Schamanen in Afrika aus dem Sud Sahara. Es gibt immer Machtverhältnisse und Gegenkräfte. Wenn wir in Österreich den Begriff des politischen „Staates“ verwenden, beziehen wir uns auf den österreichischen Staat, der durch die Verfassung von 1954 gegründet wurde. Wir beziehen uns auf die Weimarer Republik sowie die DDR und die BRD als separate politische Systeme. In Marokko ist der Staat nicht an die Verfassung von 1962, sondern an die Gründung von Fes im Jahr 808 gebunden. Begriffe sollen Gegenbegriffen gegenübergestellt, wie Gegenreligionen Religionen bei Jan Assmann.“
„Das Vorher und Nachher eines Ereignisses behält seine eigene zeitliche Qualität, die sich zu Gänze auf ihre längerfristigen Bedingungen reduzieren lässt.“ (Koselleck S. 151) Hätte Koselleck nicht schreiben müssen: „Das Vorher und Nachher eines Ereignisses behaltenen ihre jeweils seine eigene zeitliche Qualität…“?
Prof. Lahkim Bennani: „Was ist eigentlich ein Ereignis? Fast niemand kann es definieren; es ist die sichtbare Seite dessen, was in der jüngeren Vergangenheit verborgen bleibt und die erwartete Zukunft prägt. Husserl spricht bereits von einer passiven Synthese zwischen Erinnerung und Vorwegnahme. Diese Synthese beinhaltet die Darstellung beider Enden des Ereignisses. Wenn Koselleck von Universalgeschichte spricht, berücksichtigt er, dass der Akteur der Geschichte nur einen Bruchteil des Ereignisses erfasst, dessen Bedeutung er misst oder vermisst. Andere Akteure erfassen andere Informationen, die der Eine oder der Andere für lehrreich oder unbedeutend halte. Geschichte ist universal, weil sie die große passive Synthese und die Konvergenz partikularer Geschichten ist, von denen wir jeweils nur einen Teil erfassen.“
Im dritten Teil geht es um die Machbarkeit der Geschichte. (vgl. S. 161) Und er zitiert den Freiherrn von Eichendorff: „Der eine macht Geschichte, de andere schreibt sie auf.“ Stimmt es, kann Geschichte gemacht werden?
Prof. Lahkim Bennani: „Ich möchte Ihnen eine Geschichte über die Machbarkeit der Geschichte, an Hand eines lokalen Beispiels in Marokko. Das Beispiel betrifft den Widerstand gegen den französischen Kolonialismus. Als der König von Marokko die Widerstandsbewegung unterstützte, haben ihn die Franzosen 1953 abgesetzt und verbannten ihn nach Korsika undMadagaskar fast zwei Jahre lang. Während des Widerstands marokkanischer Nationalisten gegen Frankreich entstand die Legende, das Bild von Mohammed V. sei auf dem Mond erschienen, so sehr, dass manche in kollektiver Hysterie glaubten, sein Gesicht sei auf der Mondoberfläche zu sehen. Meine Mutter erzählte mir diese erdichtete Geschichte von Mohammed V. und seinem Gesicht, das den Menschen auf dem Mond erschienen sein soll. Diese Geschichte ist eine mythische Umschreibung dafür, dass Mohammed V. den Marokkanern näher steht, entgegen der Erwartungen der Franzosen. Der Vollmond ist ein Symbol der Schönheit und Liebe in der arabischen Dichtung. Die erzählte Geschichte ist ein Mythos, mit dem Nationalisten Geschichte schufen, im Sinne Kosellecks, vorausgesetzt, dass die Mythen sich von Geschichtswissenschat unterscheiden. Der Historiker beschreibt Geschichte, Der Mythos schafft sie.
Ein anderes Beispiel aus der Geschichte von Marokko:
In den 1980er Jahren behauptete ein Professor der Universität Fès in seinen Vorlesungen, eine große Entdeckung gemacht zu haben: Moulay Idris II., der Gründer von Fès und des ersten Staates in Marokko im Jahr 808, sei nicht derjenige, der in dem ihm zugeschriebenen Mausoleum begraben liege, da sein Grab sei mindestens zwei Jahrhunderte lang unbekannt geblieben. Aber plötzlich, auf Einmal, und Jahrhunderte nach seinem Tod, gelang es einigen Gelehrten, auf Grund von fragwürdigen Daten, sein vermeintliches Grab zu identifizieren, und er wurde in dem Mausoleum beigesetzt, der heute seinen Namen in der Altstadt Fès trägt. Man hat sich dabei, auf Quellen gestützt, die es ihnen ihrer Ansicht nach ermöglichten, die sterblichen Überreste von Moulay Idris selbst zu identifizieren und ihn in seinem heutigen Grab umzubetten. Es gibt jedoch keinerlei Hinweise auf die Richtigkeit dieser Berichte und auch nicht darauf, dass er tatsächlich derjenige ist, der in dem Mausoleum begraben liegt!
Nehmen wir an, die allgemein anerkannte Darstellung des Historikers stimmt. Was ist der Sinn der Geschichte?
Ich will die Bemühungen der Historiker, die nach historischer Wahrheit suchen, nicht schmälern, aber die Geschichte des Mausoleumbaus lehrt mich, dass unsere Vorfahren schlauer waren als wir.
Warum?
Weil sie es schafften, ein Bild von Fès zu erschaffen, das auf den Mausoleaum von Moulay Idriss ruht!
Aus dieser erdichteten Geschichte entstand ein historisches Gedächtnis. Im Gegenteil dazu, ist die Aufgabe des Historikers , Denkmäler zu demontieren, und das ist nichts Neues; Denn Kosselleck ist tiefer in der Frage der Darstellung und Erinnerung der Geschichte im Buch eingegangen. Historiker wissen wie schwierig ist dem Mythos und Wahrheit zusammen zu nehmen. Historiker als Wissenschaftler decken die Wahrheit auf, sie „enthüllen“ sie (wenn wir metaphorisch sprechen, so Blumenberg in seinen Metaphorologischen Schriften) so wie sie entstanden ist. Doch die Geschichte von Mohammed V. auf dem Mond, der Bau des Moulay-Idriss-al-Azhar-Mausoleums und andere Ereignisse waren politische Akte, um eine Identität auf der Grundlage von Gründungsmythen zu konstruieren. Das Ergebnis ist, dass der Historiker die Wahrheit dekonstruiert und offenlegt – dies ist seine wissenschaftliche Aufgabe –, während der Künstler und der kreative Geist diese Wahrheiten verschleiern und die Scham der Geschichte mit einem Feigenblatt überdecken (die Ausführungen von Koselleck zur Universalgeschichte sind sehr erhellend). Die Geschichte der Historiker und die Geschichte der Künstler verschmelzen zu einer universellen Geschichte – einer Geschichte dessen, was tatsächlich geschah und was hätte geschehen können, einer Geschichte, die von Historikern aufgedeckt und von Schöpfern und Politikern gestaltet wurde. Dies ist auch das, was wir aus Kosellecks Konzept der Universalgeschichte ableiten können.
Vielen Dank für den Vorschlags der Präsentation der Übersetzung des Buchs „Vergangene Zukunft“ ins Arabische.“

